PARDON DE NE PAS
ÊTRE MORT
le 15 août 1974

par M.-G. Micberth
De sa naissance à sa mort, l'homme, aussi respectable soit-il, glisse sur la destinée, en esquivant de nombreuses tartes à la crème. Il n'est que de subir un président de correctionnelle, dans ses froufrous corbeau, pérorant devant une salle hilare, pour s'en persuader.

Tout homme à qui l'on a confié une autorité artificielle évoque immanquablement le clown. L'autorité naturelle impose le respect ; l'autorité artificielle, les lazzi. Le port d'un uniforme, quel qu'il soit, en plein vingtième siècle, ne peut paraître que suspect. Il faut une sacrée dose d'inconscience et d'infantilisme pour se vêtir des oripeaux symboliques de l'autorité.

Ne nous méprenons pas. Je ne remettrai pas en cause l'autorité naturelle, qui est légitime, mais celle que donnent la place, les diplômes, la promotion, à de pâles humanoïdes qui, sans les extravagances des principes républicains, n'auraient jamais pu prétendre à d'autre fonction que celle de valet de ferme. Je n'exagère qu'à peine.

L'état républicain protège la médiocrité de ses serviteurs par une répression sauvage. Il n'est pas recommandé de boxer un magistrat, et encore moins de l'occire. Pourtant, c'est par ces procédés - fort regrettables - que l'homme retrouvera sa dignité. En refusant l'asservissement, il imposera une nouvelle éthique, de nouvelles moeurs, et changera les rapports de ses semblables entre eux.

M.-G. Micberth

Edition 1977 - Format : 14 X 20 cm
332 pages - PRIX : 38 €

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